7 mars 2026
L’Association Afrique Avenir a été fondée en 1992, à l’initiative d’un groupe des chercheurs, enseignants et étudiants en formation en Europe qui avait constaté que leurs pays étaient confrontés à plusieurs défis :
La marginalisation des pays africains dans l’ordre économique mondial. Le risque d’avoir les populations de basculer de la pauvreté matérielle du tiers-monde dans les affres et le dénuement d’un « hors-monde où nous n’aurions plus aucune possibilité d’initiative et de décision sur tout ce qui concerne notre espace de vie.
L’impuissance de nos projets politiques des dirigeants africains qui n’ont pas, à ce jour, trouvé des réponses adéquates et aux questions vitales et aux grandes espérances de liberté qui embrasent nos esprits et nos consciences
La décomposition progressive de nos pays dans les tensions sociales, les blessures des conflits ethniques, les fléaux des guerres civiles et les monstrueuses réalités des terrorismes d’Etat, des massacres collectifs, des répressions sauvages et des assassinats politiques perpétrés par d’implacables forces de la mort qui agissent de façon occulte ou publique
A ces problèmes économique, politique et social s’ajoute le doute profond qui traverse aujourd’hui l’Afrique sur ses capacités internes de sortir de sa crise : ses structures de mentalité, ses énergies spirituelles, ses ressources culturelles, ses puissances morales et sa volonté créatrice propre.
C’est pourquoi, les fondateurs de l’Association Afrique Avenir avaient décidé de créer un espace de rencontre et d’engagement des Africains qui vivent actuellement en Europe, réfléchissent ensemble sur les problèmes de leurs pays et s’organisent pour participer à la construction de l’Afrique nouvelle, à travers la recherche intellectuelle, l’action politique guidée par les valeurs de l’humain, l’investissement économique dans les projets de développement ainsi que l’animation culturelle et spirituelle de la conscience africaine.
Engager les africains vivants en Europe dans un processus commun de réflexion, de débat et mobilisation sur les questions de la renaissance et de la reconstruction de l’Afrique.
Contribuer à la formation des jeunes africains étudiant actuellement dans les écoles supérieures et universités européennes, en vue de les préparer à assumer les responsabilités sociales, culturelles et politiques dans la situation de l’Afrique d’aujourd’hui.
Soutenir, promouvoir, développer et nourrir intellectuellement les réseaux interafricains qui travaillent à l’émergence d’un esprit anti-crise au sein des sociétés africaines
Deux projets à long terme et trois projets à court terme doivent mobiliser les énergies d’Afrique Avenir
Projets à long terme
Projets à court terme
Une permanence a lieu lundi, mercredi et jeudi de 14h00 à 18h00 à notre siège au 22 rue des Archives 75004 Paris
Thème : État, anarchie et société
Les transformations actuelles du champ politique et social en Afrique montrent un processus de déstructuration de l’ordre ancien, autrefois dominé par les partis uniques et leurs idéologies monolithiques. Parallèlement, de nouveaux espoirs apparaissent, portés par les aspirations à la liberté, à la démocratie et aux droits de l’homme.
Cependant, ces transformations ne suivent pas une logique claire qui conduirait les sociétés africaines vers des lendemains paisibles et sereins. Elles se déroulent plutôt dans une atmosphère d’anarchie où les intérêts contradictoires s’affrontent et où les attentes multiples envers des sauveurs ou des « messies » ne répondent pas à des règles clairement identifiables.
L’objectif de cet atelier est de comprendre en profondeur les mutations actuelles de l’Afrique. Il s’agit notamment d’identifier les situations les plus significatives et leurs enjeux pour la reconstruction du continent, de mettre en lumière les mécanismes de régulation des comportements et les interactions qui orientent l’avenir, d’analyser les causes réelles de dysfonctionnement dans les systèmes politiques et les organisations civiles, et enfin d’élaborer de nouvelles rationalités politiques et sociales capables d’aider l’Afrique à inventer sa nouvelle destinée.
Le laboratoire se réunira une fois par mois, le deuxième lundi, au 22 rue des Archives à Paris, dans les locaux de la Mission Intérieure Luthérienne.
Pour les années 1994-1995, l’atelier organisera avec la Fédération universelle des associations chrétiennes des étudiants (FUACE) une université d’été consacrée aux droits de l’homme. Cette rencontre réunira des étudiants africains vivant en Europe et des étudiants européens afin de réfléchir ensemble aux droits de l’homme dans les relations entre les deux continents. Dans le contexte de la construction européenne et des revendications démocratiques en Afrique, il apparaît essentiel de placer cette question au centre du dialogue entre les deux mondes.
Les activités de travail comprendront des conférences données par des spécialistes, des séminaires dirigés par des assistants, des projections de films et un « espace du témoin » consacré à l’analyse d’événements contemporains (comme la crise yougoslave ou les situations au Zaïre et en Algérie).
Les thèmes abordés porteront notamment sur les traditions religieuses et philosophiques des droits de l’homme, la Déclaration universelle de 1948, les relations internationales, l’actualité des droits de l’homme en Europe et en Afrique, les rapports entre ethnies et partis politiques en Afrique, ainsi que les programmes d’ajustement structurel.
Thème : Philosophie, théologie et spiritualité de la reconstruction en Afrique
La reconstruction de l’Afrique constitue aujourd’hui une question centrale dans la réflexion philosophique et théologique. La Conférence des Églises de toute l’Afrique (CETA) a clairement posé cette question comme un enjeu majeur pour l’avenir des peuples africains.
Cet atelier vise à analyser les recherches théoriques et les expériences concrètes liées à la reconstruction du continent. Il cherche également à réfléchir aux conditions nécessaires pour bâtir un avenir fondé sur le développement, la démocratie et la promotion intégrale de la personne humaine.
Trois axes principaux orienteront les travaux :
la transformation de l’imaginaire africain afin de développer une vision créatrice de l’avenir, l’identification des forces de changement dans la société civile et dans les organisations politiques, et la réflexion sur le rôle que les Africains vivant en Europe peuvent jouer dans la reconstruction de leurs pays.
L’atelier se réunira deux fois par mois au 22 rue des Archives à Paris.
Pour les années 1994-1995, un séminaire public sera organisé sur le thème « La théologie africaine et les nouveaux enjeux de la mission ». Ce séminaire présentera les sources historiques de la théologie africaine, ses grandes orientations et sa place dans les transformations politiques, économiques et culturelles du continent.
Les travaux s’appuieront notamment sur les ouvrages de Vincent Mulago, Oscar Bimuenyi-Kweshi, Jean-Marc Elaet Barthélémy Adoukounou.
Thème : Promouvoir et sauvegarder le patrimoine culturel africain
Un peuple qui ne protège pas sa culture risque de perdre ses racines, sa mémoire et son identité. L’écrivain Amadou Hampâté Bâ exprimait cette idée en affirmant qu’« un vieillard qui meurt est une bibliothèque qui brûle ».
Les biens culturels, tels que définis par l’UNESCO, regroupent l’ensemble des créations humaines possédant une valeur artistique, scientifique ou technique. Ils comprennent notamment la musique, la danse, le théâtre, les arts plastiques, la littérature, les langues, la tradition orale et l’artisanat.
L’atelier s’intéressera particulièrement à la dimension culturelle du développement. Depuis les années 1980, plusieurs conférences internationales ont souligné que le développement ne peut être réduit à une croissance économique : il doit aussi intégrer les valeurs culturelles et humaines.
Les travaux porteront également sur la notion d’identité culturelle et sur la relation entre les langues africaines et la langue française dans les pays francophones. Une attention particulière sera accordée au rôle éducatif de la culture, ainsi qu’à l’importance de la tradition orale et de l’artisanat.
L’atelier se réunira une fois par semaine au 22 rue des Archives à Paris.
Un forum consacré au statut de l’artiste est prévu pour 1995 afin de réfléchir aux conditions juridiques et sociales nécessaires à la création artistique.
Thème : La santé pour tous et le problème du sida en Afrique
Selon les statistiques de l’OMS et de la FAO, la situation sanitaire en Afrique demeure très préoccupante. Une grande partie de la population n’a pas accès aux services de santé de base et l’espérance de vie reste nettement inférieure à celle des pays développés.
Le sida constitue l’un des défis majeurs auxquels le continent est confronté. L’ampleur de cette épidémie exige une réflexion approfondie prenant en compte les dimensions médicales, sociales, économiques, morales et culturelles.
L’atelier analysera les relations entre santé publique, situation économique, politiques gouvernementales et évolution démographique. Il cherchera également à proposer des stratégies réalistes pour lutter efficacement contre le sida.
Les travaux seront menés en collaboration avec des spécialistes du CNRS, de l’INSERM, de l’ORSTOM, de l’Institut Pasteur, ainsi qu’avec des associations engagées dans la lutte contre la maladie. Les discussions porteront notamment sur les progrès de la recherche scientifique sur le VIH, l’impact du sida sur la société, les actions de solidarité des associations et les questions liées à la sexualité et à la transfusion sanguine.
Thème : Penser et organiser le retour
Pour de nombreux Africains vivant en Europe, la perspective du retour au pays soulève de nombreuses interrogations et inquiétudes. Le retour ne doit pas être laissé au hasard des circonstances ; il nécessite une préparation réfléchie.
Cet atelier a pour objectif d’analyser les expériences de ceux qui sont déjà rentrés, d’identifier les difficultés rencontrées et de réfléchir aux moyens de faciliter la réinsertion dans les sociétés africaines.
Il vise également à créer un réseau d’entraide et de solidarité entre Africains afin de soutenir les initiatives de retour et de développer des structures d’accueil. Les rencontres auront lieu une fois par trimestre sous forme de débats autour des différentes questions liées à cette problématique.
Le projet Afrique Avenir ne se limite pas à une réflexion intellectuelle sur les sociétés africaines. Il souhaite aussi offrir un espace spirituel où les chrétiens de différentes confessions pourront se réunir pour prier et approfondir leur foi.
Le temple de Noisy-le-Sec pourrait servir de lieu de rassemblement pour ces rencontres spirituelles. Cet espace permettrait d’organiser des réunions de prière, des groupes bibliques et des activités de formation spirituelle.
Trois formes de rencontres sont envisagées : les réunions de prière organisées par les différents groupes nationaux africains, des rencontres inter-églises consacrées à la prière pour l’Afrique, et enfin des cultes ouverts à tous ceux qui souhaitent participer à des célébrations chrétiennes inspirées des traditions africaines.